Revenir à la réalité

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Revenir à la réalité

Le 17 mars 2020 à 12 h en réponse à la pandémie de Covid-19 en France, la population a été confinée,  pour imposer des restrictions de contacts humains et de déplacements. Il faut maintenant faire face à ce qui peut être une nouvelle source d’angoisse : le déconfinement. Faire face à de nouvelles habitudes, à la reprise d’un mode de vie plus actif que celui des deux mois précédents. Il faut aussi, « vivre avec le virus, agir progressivement et adapter localement ». Ce sont les principes du plan de déconfinement sur trois semaines – à partir du 11 mai et jusqu’au 2 juin – et qui rime avec une grande prudence face à la situation pour bien en sortir…

Comment reprendre le rythme ? Et revivre au quotidien ?

Reprendre le travail, renouer avec le quotidien… Loin d’être un soulagement, l’annonce du début du déconfinement le 11 mai apporte son lot d’interrogations. Peur de retrouver un quotidien qu’on ne voulait pas délaisser mais qui nous semble finalement moins attrayant aujourd’hui. Stress de reprendre le chemin du travail dans des conditions encore incertaines. Angoisse de découvrir un monde qui n’est plus tout à fait le même. Voilà quelques-unes des sources d’inquiétude.
Plus comme avant… Le 11 mai ne signera pas la fin de la pandémie, et se pose la question de notre nouveau quotidien. Un rythme et une routine que nous avons perdu. Certaines choses doivent bouger, nos mentalités doivent évoluer, et ce travail prendra plus de temps que deux mois de confinement.
Il faudra à nouveau du temps pour s’adapter, retrouver un rythme qui est déjà derrière nous, et expliquer aux enfants, une nouvelle fois, le changement qui se trame. Tout ne pourra pas recommencer “comme avant”. Restons prudents, ne nous précipitons pas. C’est le moment de changer nos habitudes, de ne pas reprendre le même rythme, mais d’en créer un nouveau.

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Se réapprivoiser ?

Après des semaines de scènes parfois déroutantes, dans des rues sans voitures, désertes, où l’on croise une silhouette masquée ou non masquée, qui change de trottoir. Depuis plusieurs semaines, bises et poignées de mains ont disparu de notre quotidien et sans doute pour longtemps. Nous apprenons à nous éviter. Pour garder la maladie à distance, il faut rester à distance les uns des autres. Face à ce virus inconnu et très contagieux, la panoplie des boucliers est modeste. Cette vague d’insécurité, ce léger recul qui nous saisi maintenant en présence d’un tiers, n’est pas prêt de disparaître…
Choisir entre santé et emploi ? Sécurité et vie sociale ? Dans les transports en commun, les rues, écoles, commerces, entreprises… il faudra garder son sang-froid, admettre le tâtonnement et être solidaires et indulgents dans cette épreuve. Apprendre à se réapprivoiser après plusieurs semaines où nos échanges se sont faits rares demandera du temps. Nos corps ont peu bougé, nos cerveaux ont beaucoup ruminé : il faut ré ouvrir les portes et faire rentrer prudemment, l’air du dehors !

Comment reprendre le travail ? 

C’est surtout la reprise du travail, pour ceux qui ont dû le mettre en pause ou pour ceux qui télétravaillent, qui cristallise les plus grandes inquiétudes. La “proximité évidente” avec les collègues ou les clients est anxiogène.

Comment faire face au stress et à la fatigue ?

La situation du confinement a été une source de stress et donc de fatigue pour tous : incertitudes, contraintes, flou, annonces officielles et informations décomptant le nombre cas au quotidien. Le déconfinement impose des gestes barrières importants et qui pourra générer du stress si des collègues ou proches sont négligents. Ce qui s’ajoute aux tensions qui ont pu naître pendant le confinement.
Les espaces de convivialité seront fermés, et au travail il  nous est imposé de prendre sa pause-café ou de manger à son bureau pour éviter excès d’échange et de circulation du virus. Les effectifs sont réduits pour augmenter le nombre de mètres carré par collaborateur avec parfois alternance d’équipes. Cela peut être une source de frustration pour les salariés qui auraient souhaité retrouver leurs collègues après le déconfinement.
Nos exigences de ses dernières semaines répondaient à une problématique : gérer le risque de la pandémie… tout en s’efforçant de faire de son mieux concernant le télétravail et son rôle de parents.

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Reprendre ses habitudes ?

Au-delà de la reprise du travail, c’est plus généralement le retour à ses habitudes d’avant le confinement qui suscite un certain stress.
L’immobilisme amène l’immobilisme et on finit par s’y accommoder. On a fini par s’y faire à cette vie. Sortir, prendre un transport en commun, retourner au travail, alors qu’on a pas la moindre idée des modalités qui vont être mises en place sont source de stress.
La reprise inquiète. Pas à cause du virus en lui-même, mais de la déception qui pourrait se faire sentir une fois le confinement terminé. Nous avons tous dû réinventer notre vie pendant cette parenthèse. Une certaine sensation de liberté alors même que nous n’avions pas le droit de sortir. De fait, le déconfinement rime avec le retour d’une course quotidienne où chacun reprendra son rôle.

Changer de vie ?

L’annonce du confinement a généré parfois de l’angoisse, puis, finalement, a pu permettre de se recentrer sur l’essentiel. Nous avons changé nos priorités et nous avons pu apprendre à s’occuper, s’évader, se retrouver.
Maintenant, avec cette annonce de la reprise, on peut ressentir comme une peur de sortir, de se confronter au monde extérieur, après être restés plusieurs semaines dans notre cocon. Pour certains, le confinement aura changé la vie et il y aura un avant et un après confinement.
Il est donc beaucoup question de “jour d’après” ou de “monde d’après” le déconfinement. Chacun s’essaye à penser le monde de l’après-COVID-19. On pense à la planète, au monde, à l’Europe,à la France ou le “système” économique et social. Cependant, pense t-on assez peu les aux individus en tant que tels. On peut se demander quel peut être le jour d’après ou le monde d’après au niveau individuel.
La vulnérabilité des individus au Covid-19 est très disparate tant en fonction de leur âge que de leur état de santé. Il en est de même du rapport au confinement, qui n’a pas été vécu de la même manière selon que l’on habite dans une grande agglomération, dans une banlieue sensible ou à la campagne. Il n’a pas été vécu pareil que l’on réside dans un petit appartement ou une maison avec jardin, que l’on soit seul, en couple ou en famille, que l’on soit âgé ou jeune, que l’on puisse continuer à travailler à distance et à percevoir un revenu ou pas, que l’on ait accès à internet ou pas…

Comment faire face à l’après ? 

Cela peut dépendre de la façon dont chacun gère les divers “chocs” qui se sont produits récemment ou qui vont ou pourraient se produire (épidémie, confinement, récession économique, éventuelle “seconde vague” épidémique), mais aussi le rapport au monde d’avant. Certains vont vouloir revenir au monde d’avant et être en mesure de le faire, alors que d’autres ne voudront plus en entendre parler. Ainsi plusieurs cas peuvent s’imaginer…
Un travail de deuil pour celles et ceux qui ont perdu un proche, pour qui le monde d’avant a à jamais disparu.
Un immense soulagement pour celles et de ceux qui ont été malades, et qui s’en sont sortis. Ils ont pu être ainsi amenés à se poser des questions existentielles. On ne sort pas indemne d’une telle tragédie. Cela fait réfléchir, une remise en question, une manière de rétablir les priorités, et d’envisager les choses différemment.
Un grand soulagement du personnel soignant et des autres personnes qui ont continué à travailler durant la période de confinement en contact avec le public au risque d’être exposés au Covid-19.
Une forte angoisse pour celles et ceux qui ont perdu leur emploi ou pour certains indépendants. Le monde d’après est un monde de forte insécurité économique et sociale avec la peur du lendemain.
Un redoublement d’efforts pour rattraper le temps perdu de celles et de ceux qui n’ont pas pu exercer leur activité professionnelle durant le confinement et qui vont avoir à faire face à une très forte demande. Tels que les coiffeurs.
Une grande joie, pour certains, de retrouver les anciennes habitudes, professionnelles ou non. De retrouver une forme de routine en souhaitant que le monde d’après ressemble le plus possible au monde d’avant.
Un retour chez eux pour ceux qui ont fui les grandes agglomérations et qui vont devoir s’habituer à nouveau à cette vie trépidante après cette parenthèse hors du temps. 
Une vie ultra-active et très absorbante, en conservant quelques nouvelles pratiques nées ou développées durant la période de confinement, comme le jogging ou la préparation du pain à la maison.
Un mode de vie “ralenti” et le retour sur soi-même pendant le confinement, en privilégiant par exemple le télétravail pour réduire le temps passé dans les transports ou même le temps partiel.
Une rupture avec le mode de vie d’avant, la pandémie et le confinement ayant servi de déclic ou de révélateur, en souhaitant changer d’orientation professionnelle et/ou partir vivre en province pour les Franciliens, dans une petite ville ou un village. 

faire son pain

Le monde d’après est donc appelé à être un nouveau monde, en choisissant la voie de la résilience personnelle voire de l’autosuffisance alimentaire en s’installant à la campagne. Après le 11 mai, fin du déconfinement n’est pas synonyme de fin de la pandémie. Alors prudence, on ne fait pas n’importe quoi pour ne pas réduire à néant les efforts de chacun pendant ces 2 mois. Prudence pour soi et ses proches, on ne lâche rien. Nous sommes finalement en pseudo liberté, encadrée, légitime, qui ne doit pas nous faire oublier que la crise sanitaire est toujours d’actualité. Continuez à prendre soin de vous. 

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